Comme vous le savez si vous suivez un minimum ce blog, je suis fan de la série des Monster Hunter. Pas un fan historique, puisque j’ai commencé avec le 3. Mais un fan, puisque je cumule plus de 1000 heures sur le 3 et le 4.

Or, le nouveau  (Generations, ou X) est sorti le 15 Juillet. J’en suis à quelques 25 heures déjà, et, bien évidemment, la première chose qu’on fait dans ces cas-là, c’est comparer avec les précédents.

Ma première réaction a été une déception. Le 4 m’avait habitué à des cinématiques lors de la première rencontre avec un monstre. Pendant 1 minute, on me le présentait dans toute sa splendeur. Si j’ouvrais l’oeil, j’avais même des indices précieux sur la façon de se battre du monstre. Dans le 3, on avait droit plutôt à une scène quotidienne de la vie du monstre. Le dernier a trop joué à Borderlands et se contente d’une vignette de 5 secondes avec le nom de la créature… C’est un peu léger.

Ma deuxième réaction a été la joie. Dans le 3, j’ai fini par trouver que l’arme qui me convenait était la corne de chasse, pour citer Skoras « évidemment, tu t’intéresse à l’arme la plus bizarre ». Une sorte de cornemuse géante où chaque attaque produit un son, et un enchaînement de sons particulier joue une musique ayant un effet particulier (Bonus d’attaque, guérison, détection des monstres, etc). Chaque corne ayant ses propres notes. Dans le 4, je me suis intéressé à l’Insecto-Glaive, la nouvelle arme du jeu, qui permettait en particulier de sauter sur les monstres afin de déclencher un rodéo pour les mettre à terre. Generations introduit un système de 4 styles de chasse, l’un d’eux étant le style « Aérien »  permettant de sauter sur les monstres. Mon Insecto-glaive a été relegué au placard, j’avais maintenant accès au meilleur des 2 mondes avec une corne de chasse aérienne.

Ça, combiné au fait que l’arme qui m’a le plus plu dans Forced, c’est le marteau de lave, et que dans Victor Vran, j’utilise en alternance le shotgun et … Le marteau, m’a fait réaliser que définitivement, j’aime les armes qui ont de l’impact. Si c’est lent, que ça a une bonne zone d’effet, et qu’on sent qu’il y a du poids derrière chaque attaque, visiblement, c’est pour moi.

Ma troisième réaction a été de la stupeur devant le nouveau système d’amélioration des armes. Dans les versions précédentes, chaque amélioration change l’arme: ce n’est plus le même nom, ce n’est pas forcément la même apparence. L’image suivante est extraite du Wiki Monster Hunter, spécifiquement la page sur les cornes de chasse :

Et là, je découvre qu’entre chaque changement d’arme, je vais devoir augmenter le niveau de l’arme.

Il m’a fallu quelques jours pour comprendre que c’est une amélioration. Le jeu étant encore récent, je ne peux pas vous montrer directement à quoi ressemble le nouvel arbre, mais grosso modo, de ce que j’en comprends jusqu’ici, remplacez tous les noms de la première diagonale par Metal Bagpipe, auxquels vous ajoutez Niv 1, Niv 2, etc, jusqu’au Rinforzato qui garde le nom Rinforzato. Pour la 2e diagonale, vous remplacez par Kummerklang, plus Niv 1, 2, etc, et Le Grégorien en dernier.

En clair, on garde le même nombre d’armes, au final, et surtout, on évite un gros écueil des précédents: recréer une arme qu’on possède déjà, ou pour laquelle on a déjà mieux.

Je m’explique. Dans un Monster Hunter, il n’est pas obligatoire de partir d’une racine de l’arbre pour aller jusqu’à la feuille finale. Il est possible de créer des armes en plein milieu d’une branche. Par exemple, je peux partir d’un Metal Bagpipe, l’améliorer 5 fois et obtenir un Fortissimo, ou construire directement ce Fortissimo.

Imaginez maintenant que je l’ai encore amélioré 2 fois, jusqu’au Sforzando – ce qui, croyez-moi, est plus facile à dire qu’à faire, et nécessite de chasser beaucoup de monstres ; souvent les mêmes, en boucle. Je rentre d’une chasse, regarde ce que je peux construire, et m’aperçois que je peux faire un Fortissimo ! De plus, le jeu m’indique que je n’ai pas de Fortissimo dans mon inventaire. Je dépense l’argent et les composants, heureux, et découvre dépité que je viens de gâcher des ressources quelques minutes plus tard…

Dans Generations, le Sforzando serait un Metal Bagpipe Niv 7, le Fortissimo un Metal Bagpipe Niv 5. Le jeu me signalerait donc que j’ai DEJA un Metal Bagpipe dans mon inventaire. On y perd un peu en immersion, mais j’y gagne beaucoup en tension artérielle !

De plus, cela signifie aussi qu’aucune arme n’est obsolète, puisqu’elles ont toutes suffisamment d’évolutions pour atteindre des niveaux ultimes. Si on peut construire une arme qu’on ne possède pas dans cet opus, il FAUT le faire.

Et j’avoue que j’apprécie.

J’apprécie aussi le fait que ramasser des composants, ou les découper sur le corps d’un monstre ne nécessite plus d’appuyer des dizaines de fois sur le bouton A, mais de rester appuyé !

Ce que j’aimerai, maintenant, c’est creuser un peu combien de créatures et d’endroits sont des reprises des précédents. Parce que, qu’on prenne son titre Européen (Generations) ou japonais (X, dans le sens Cross), on a clairement un hommage à tous les opus, avec des personnages, des villages qui réapparaissent. Un peu comme un au revoir à venir. Ce qui serait sureprenant, vu le succès de cette série !

Et vous, qu’est ce qui vous plait dans ce nouvel opus? Qu’est ce qui vous frappe (à part la queue du Durambouros)?

L’esprit d’escalier

modranvdark_post

 

Ça fait deux mois que j’essaye d’écrire un article sur les stats des dés, promis il y a 2 ans à l’un des commentateurs de ce blog.

Ça fait une semaine que j’essaye d’écrire un article sur Bravely Default et les originalités développées par ce jeu.

Je vais donc répondre aujourd’hui à une question cruciale, que vous vous êtes tous posé au moins une fois. Imaginez-vous… C’est le matin, vous n’êtes pas encore réveillé. Votre thé ou café matinal fait tranquillement son chemin dans votre organisme, mais n’a pas encore tout à fait atteint vos synapses. L’œil torve, la bouche pâteuse, vous posez le pied sur le tapis roulant de votre station de métro préférée, vous laissant emporter. Rapidement, profitant de l’absence irréelle d’autre passagers sur ce moyen de transport limité, vous avancez. Et là, une pensée vous frappe: vous avez oublié quelque chose. Votre portable, votre badge, votre livre, choisissez, mais quelque chose de suffisamment important pour vouloir faire demi-tour. Et là, il semble long, soudainement, ce tapis…

Très long...

Très long…

Du coup, que faire? Continuer jusqu’au bout et faire demi-tour? Ou bien faire demi-tour immédiatement et remonter le tapis à contre courant? La personne croisée ce matin et qui a inspiré ce post avait choisi la première solutionen étant au 1/3 du tapis. Avait-elle raison?

Et bien, répondons-y. Mathématiquement.

Il est pas beau ce schéma?

Il est pas beau ce schéma?

Soit:

– F le trajet déjà fait. C’est une Longueur.

– R le trajet restant. C’est une Longueur.

– M votre vitesse de marche. C’est une Vitesse.

– T la vitesse du tapis. C’est une Vitesse.

– A la vitesse du moyen emprunté sur le retour. C’est une Vitesse.

A noter que je rajoute A au moment de l’écriture de cet article, mon calcul initial s’étant basé sur un retour uniquement à pied, mais un certain nombre de trajet ayant des tapis roulants dans les 2 sens. Du coup, je suis obligé de mettre une vitesse différente de celle du tapis initial.

Le point d’équilibre est donc le point où le temps mis à parcourir la longueur F à contre-courant est égal au temps mis à parcourir la longueur R sur le tapis puis la longueur R+F sur le moyen emprunté pour le retour. Ce sont des Durées, donc des Longueur / Vitesse. Je vous rassure, ce moment est d’une durée infinitésimale, donc vous n’aurez pas longtemps à vous poser la question. On a donc:

Equation initiale

En développant tout ça et en regroupant R et F:

Equation developpee

Equation regroupee

Equation regroupee2

Equation regroupee3

Tiens, vous avez vu? On divise par M+A des 2 côtés. Allez hop ! On simplifie !

Equation simplifiee

Pour un résultat final d’équilibre:

Equation simplifiee2

Han. Comme quoi, je m’étais planté dans le RER. Avec une formule plus simple, puisque j’avais A = 0 à ce moment là. Comme quoi:

  1. Il faut toujours se relire
  2. Mon thé n’était pas encore arrivé aux synapses.

Si F est inférieur, autant faire demi-tour (on suppose que vous êtes seul dessus). Si F est supérieur, avancez jusqu’au bout.

Un exemple? Soit un humain marchant dynamiquement à 6km/h, sur le tapis de Montparnasse à 3 km/h (pas le rapide qui n’aura pas duré longtemps, donc). Le point d’équilibre est tel que:

Exemple1

Exemple2

Exemple3

Tiens? Heureux hasard…

Si cet humain n’a pas atteint la moitié du tapis, qu’il fasse demi-tour. Au delà, il vaut mieux qu’il continue.

Voilà, la prochain fois que ça vous arrivera, vous aurez un outil parfaitement adapté à votre prise de décision, ce qui minimisera le temps que vous perdrez. Toujours ravi de vous aider!

 

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Disque monde orphelin

modranvdark_postLe 12 Mars 2015, le monde a perdu un grand écrivain en en la personne de Terry Pratchett, après une longue bataille avec une forme rare d’Alzheimer. Cet auteur, inventeur entre autres du Disque-Monde, un monde plat, circulaire, sur le dos de 4 éléphants, eux-même juchés sur la grande Tortue A’Tuin (« dont l’apparence est empruntée aux mythes Indiens, il vaut mieux le rappeler, sinon des Indiens pourrait nous envahir et faire quelque chose de terrible, genre boire du lait », Terry Pratchett, Nantes, 2004) est l’un de mes préférés. J’avais à l’époque voulu recenser les hommages qui lui était fait, et… La vie, tout ça.

Mais j’en ai croisé un à l’instant, donc, hop, n’est pas mort, ce qui à jamais dort.

Les crayons de Florine – Le dessin qui a (re)lancé cet article

Le Monde  – Florilège

ZDnet  – Rajouter une ligne de commande sur un serveur pour que, de manière transparente, le nom de Terry Pratchett soit « prononcé » continuellement sur le réseau. Une belle réutilisation d’un élément d’un de ses romans.

Une pétition (que j’avais signée) enjoignant la mort à nous le rendre – Certains commentaires sont magiques. Je suis surpris qu’elle n’ait pas atteint 35k signatures…

xkcd: une trilogie qu’il faut que je découvre…

20 minutes / florilège de tweets

Rappelons que, lorsqu’il a été fait chevalier, il s’est fait faire une épée. En métal issu d’une météorite tombée dans son jardin.


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Boulet: Ook

Un blog faisant un tour de l’univers du Disque Monde.

Je mettrai à jour cet article au fur et à mesure que j’en croiserai à nouveau. De votre côté, n’hésitez pas si vous en avez croisé de sympas.

UPDATE DU 27/10/2015

Quelques mots de Neil Gaiman (en plus je l’ai lu plusieurs fois cet article, je sais pas pourquoi je ne l’ai pas mis), un autre auteur que j’aime beaucoup, même si certaines de ses nouvelles sont vraiment horribles au point de me mettre mal à l’aise.
Une gigantesque fresque hommage à Londres (potentiellement trop temporaire, malheureusement).

Zelda, vraiment?

modranvdark_postJe… Viens de finir Zelda: a Link between worlds.

La princesse de Lorule se nomme Hilda.

La princesse de Hyrule se nomme Zelda.

Y a pas eu comme un mélange? Où est le royaume de Zerule? Et la princess Lolda? Ça a l’air d’une rigolote…

Oui, c’est tout ce que j’ai à dire, pourquoi?

Accro du hunting

modranvdark_post

Quand on m’a annoncé que Monster Hunter 4 Ultimate (disons MH4U entre nous) commençait avec un affrontement contre un Darhen Mohran (orthographe à confirmer; quand t’es dans l’action, tu demandes pas son nom à la bête), ma première pensée a été « Ah, ils partent comme ça :/ »

« Comme ça » faisant allusion à une tendance que j’aperçois dans pas mal de jeux ces dernières années, surtout dans les suites, où on vous fait démarrer avec un niveau/équipement de malade dans un affrontement hyper-épique (soit en massacrant du péon de base par pack de douze, soit face à une créature monumentale) avant de tout vous faire perdre. Le Dahren Mohran mangeant des baleines bleues au petit déj sans avoir besoin de mâcher (à condition que les baleines se promènent dans le désert; ça reste un Dragon des Sables), ça ressemblait au deuxième cas.

L'une des deux créatures sur cette image a des milliers de victimes à son actif. L'autre est un Dragon Ancien.

L’une des deux créatures sur cette image a des milliers de victimes à son actif. L’autre est un Dragon Ancien.

Sauf qu’on parlait de Monster Hunter. La série où le 3 te fait commencer en sous-vêtements, avec un vague couteau comme arme (le 3 Ultimate a au moins la décence de fournir l’armure la plus fine du jeu et un exemplaire de chaque arme de base histoire de laisser à chacun l’occasion de trouver son style). Le 4U donc, te fait affronter un Dragon Ancien. En sous-vêtements. Sans arme.

Comme dit un PNJ très justement, « elles doivent être de la taille d’une bosse de Duramboros » (Note: Je serai curieux de savoir si la phrase est la même avec un personnage féminin *tousse*).

J’ai bien dit affronter. pas vaincre (SPOILER ALERT!). Et ça change tout.

Pourquoi?

Nous avons ici deux cas:

– Cas 1: le personnage a un équipement / un pouvoir / un niveau augmenté. Il affronte quelque chose qui montre qu’il est puissant. Peu après avoir vaincu ce quelque chose, il perd tout ça (malédiction, rêve, dysfonctionnement, accident… you name it, tvtropes got it). Plusieurs heures de jeu après, il retrouve un équivalent de cette puissance.

– Cas 2: le personnage se retrouve face à quelque chose de puissant. Il n’a pas l’équipement / Pouvoir / niveau nécessaire. Il ne vas pas vaincre ce quelque chose. Plusieurs heures de jeu après, il a ce qui lui permet de vaincre ce quelque chose de puissant.

Grossièrement, les 2 cas mènent a atteindre un certain niveau de puissance.

Le premier, toutefois, est lié à un sentiment de perte. Dans le sens où on nous a retiré quelque chose que nous possédions. Le but est d’atteindre à nouveau cette puissance.

Le deuxième cas, lui, est lié à un sentiment de perte. Cette fois, dans le sens échec. le niveau de puissance n’est qu’un moyen. Le but, c’est de vaincre ce quelque chose qu’on a vu au début du jeu. Pour moi, ça a quelque chose de plus positif car ce n’est pas le pouvoir au service du pouvoir, mais le pouvoir au service de la victoire (ou de la vengeance, certes).

Pour reprendre la manière de faire de Monster Hunter: Dans le 3U, le personnage arrive dans un village ravagé par des tremblements de terre. Ces tremblements de terre sont dû à une créature, le Lagiacrus. On nous explique bien qu’on n’a pas le niveau (un peu comme les loups parlent de Shere Khan avec peur et révérence, on a peur du Lagiacrus avant de le voir), et qu’on va commencer petit. Les premières missions sont faciles, et, dans un jeu appelé le chasseur de Monstres, sont plutôt des quêtes postales (ie « ramenez moi X poissons »). A noter qu’elles servent de premier tutoriel pour prendre en main le jeu. Puis lors de la 3e ou 4e mission de ce type, le Lagiacrus s’invite.

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Merci à pachyrhinosaurus pour cette représentation (cliquez sur l’image pour sa page Deviant)

Honnêtement, j’aimerai redevenir un nouveau joueur pour revivre ce moment. Je connais au moins une personne à qui il a fait tellement peur qu’elle n’a pas osé entrer dans l’eau chercher les objets à ramener pendant près d’un quart d’heure. Et il n’est pas là juste pour faire joli. Il est là pour vous manger. Et vous ne pouvez rien lui faire… Vous devez l’éviter et récupérer ce qui vous intéresse tant bien que mal.

Ce n’est que bien plus tard qu’on le fera fuir. Et plus tard encore qu’on pourra le tuer.

Et du coup, apparaît le Deviljho pour le remplacer. De la même manière, sa première apparition n’est pas prévue, et il s’incruste dans la mission. Mais contrairement au Lagiacrus, il va s’inviter à nouveau. Et à nouveau. Et à nouveau, de manière aléatoire pendant loooongtemps (je l’ai finalement abattu au bout de 200h de jeu, et j’ai poussé un cri de joie en balançant mon poing vers le ciel *tousse*)

Pour expliciter le premier cas j’ai… En fait, j’ai rien qui me vient, mais je sais que j’en ai fait. Et du coup, j’ai l’impression que le 2e cas rend les choses plus marquantes.

Et vous, des exemples? Vous préférez le premier cas, justement?

La dernière Chasse

modranvdark_post

Le vieux chasseur se penche en avant, le visage prêt du feu.

– La dernière chasse du Deviljho ? Encore ? Vous ne voulez pas que je vous en raconte une autre ? Non ?

Ses yeux se perdent dans les flammes, comme s’il revoyait des scènes lointaines. Puis sa voix se fait entendre, dans un murmure rapidement montant.

– Pour comprendre l’importance de cette chasse, il faut comprendre la relation que les chasseurs avaient avec le Deviljho. Cela faisait des mois qu’il s’invitait dans les chasses du village.

Vous pouviez être en train de suivre un Rathalos à la trace, ce qui, croyez-moi, n’est déjà pas une partie de plaisir, et soudain, de derrière un pan de montagne, vous aperceviez cette masse de cuir émeraude. Cette gueule au menton recouvert de durillons pointus gros comme mon poing. Et là votre cœur s’arrêtait un instant…

J’ai connu des chasseurs qui ont arrêté à cause de ça.

Car le Deviljho… Le Deviljho est un peu comme un grand chien farceur. Il adore arriver dans votre dos pour vous pousser du menton. Il vient vous prendre dans ses bras – la seule chose ridiculement petite chez lui – dès qu’il vous voit, ou vous saute dessus pour vous montrer son affection. Sauf qu’il fait le poids d’une montagne. Et que ses crocs sont gros comme ma tête.

Un silence s’installe autour du feu.

– Et puis la demande est arrivée de la guilde. « Chasser le Deviljho ». Ça avait l’air si simple, écrit comme ça sur un bout de papier grand comme ma main. Mais ça voulait dire autre chose aussi : jusqu’ici, il nous avait semblé invincible. Impossible de le tuer, ou même de lui faire mal. Mais là, la guilde nous disait que c’était possible.

Possible. Pas simple. Juste possible. Mais c’est déjà une différence énorme. Grosse comme un durambouros !

La première chasse s’est mal finie. Le chasseur a été retrouvé inconscient – quelle chance – au pied du volcan où le Deviljho avait fait sa tanière. Il a récupéré, nous a dit qu’il savait ce qu’il devait faire, ce qui lui manquait, et il est reparti. Après avoir pris tout ce qui lui manquait, et croyez-moi qu’à la réflexion, il était parti un peu léger question équipement. Comme si le Deviljho était n’importe quel Jaggi. Son sac devait être grand comme moi !

La chasse en elle-même n’a pas d’importance.

Ce qui est important, ce fut la fin. Et pour ça, je ne vais pas faire appel qu’à ma mémoire, je vais faire aussi appel à votre imagination…Imaginez-vous… Imaginez vos membres presque brisés par les coups de queue d’une créature capable d’exploser des rochers. Votre corps meurtri par des crocs capables de déchirer la cuirasse d’un Agnaktor. Votre armure portant les marques des protubérances de son menton, rappelez-vous, grosses comme mon poing, j’ai dit. Votre visage brulé par cette espèce d’acide noire qu’il crache de temps à autre. Vos chakas sont morts, leurs petits corps brisés derrière un rocher quelconque.

Vous n’avez plus rien pour faire passer la douleur. Potion, méga-potion ? Hah ! Potion ancestrale ? Vous avez brisé la fiole vide de rage sur son épiderme. Secrète ? Vous ne savez même plus à quoi elle ressemble. Plus d’herbe, de champignon. Plus d’énergie.

Il vous semble que vos bras sont si fatigués que votre corne de chasse pèse le poids d’un Aptonoth mâle. Plus la moindre bombe de bouse pour l’obliger à lâcher prise lorsqu’il vous plaque au sol. Et lui ? Tout semble aller bien pour lui.

Vous passez vos options en revue. Une viande teintée fournie par la guilde. Pourquoi pas. Si ça marche, il sera paralysé quelques secondes, et vous aurez au moins la fierté (vide de sens) d’avoir duré encore un peu.

Et là, soudainement, vous le voyez s’arrêter, vous tourner le dos, et traînant la patte, s’éloigner.

Traînant la patte.

TRAÎNANT LA PATTE !

Il souffre. Il est affaibli.

Pourquoi ne l’avez-vous pas vu plus tôt ?! Vous n’étiez pas si bien préparé, finalement. Mais ce n’est pas grave. Il souffre. Il est affaibli. Si tout se passe bien, demain, vous aurez un nouveau trophée sur votre mur.

Un trophée gros comme un Deviljho.Et encore, y a pas d'humain pour donner une idée de la taille.

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Et nous voilà face à une nouvelle série de soldes Steam, et bien sur, de nouveaux tests de l’équipe pour ramener encore plus de sous dans leur panier. Comme je disais récemment à quelqu’un, je donnerai un rein pour être dans leur équipe de Marketing / Etude de données.

Si vous vous souvenez, il y a quelques mois de ça, je vous parlais de l’introduction des cartes STEAM. A l’époque, 364 jeux sur 2 307 en proposaient. A présent, le système de recherche m’en indique 2 264 / 12 529. On passe de 15% du catalogue à 18%. L’explosion du catalogue en elle-même est effarante aussi. Steam a lâché dans sa nature plus de jeux dans les 20 premières semaines de 2014 que dans la totalité de 2013. Je vous avais rapidement parlé des badges, sans rentrer dans les détails. Je fais comme dans Eyeshield 21, je vous révèle les règles du jeu au fur et à mesure de la nécessité pour pas vous perdre.

L’ACTE DE CREATION

Or donc, qu’est ce qu’un badge et comment le crée t’on.

Dans l’Interface steam se trouve l’option « Badges »:

Badges 1

Cette option permet de voir où vous en êtes dans la création d’un badge. On peut y voir le nom du badge, les cartes actuellement possédées, le nombre de cartes restant à dropper, le nombre de cartes possédées sur le nombre nécessaire.

Dans l’exemple ci-dessus:

– je n’ai pas le badge « Steam Summer Adventure 2014″, j’ai 2 cartes sur les 10 qu’il me faudrait.

– J’ai le badge Warframe, ainsi que 6 cartes sur 8 pour avoir le badge.

En effet, j’ai le badge au niveau 1 (je suis un Initié). Chaque badge a 5 niveaux. En créant ce badge (qui a donc détruit 8 cartes), j’ai aussi obtenu un fond d’écran pour mon profil et un smiley pour le chat.

Voici un morceau de mon profil, où je montre fièrement au monde mon statut d’initié et un fond d’écran Bioshock Infinite obtenu à des soldes précédents:

Profil

Impressionnant, n’est ce pas? Alors allez voir Palmdesert. 1 151 badges… Son badge « Steam Summer Adventure » est niveau 25. Cela signifie qu’il a utilisé 250 cartes différentes (25 fois chacunes). S’il les a toutes achetées, cela fait une bonne 50aine d’euros.

Bref.

Steam Summer Adventure, donc.

STEAM SUMMER ADVENTURE

La nouveauté cette année, c’est que les joueurs peuvent rejoindre une équipe parmi les 5, de manière « aléatoire » (dans la pratique, testée par moi et un autre, en cliquant sur le bouton, vous rejoignez l’équipe ayant le moins de points à ce moment là). Pour le reste, tout est écrit ci-dessous

Steam summer adventure

L’acte de création de badges donne des points à votre équipe. L’équipe ayant le plus de points à la fin de la journée voit 30 de ses membres gagner chacun 3 jeux de leur liste de souhaits, les autres gagnant 2 cartes Steam Summer Adventure. Je cite l’extrait des règles:

Summer Adventure Badge – 10 points
Summer Adventure Foil Badge – 100 points
any other game badge – 1 point
any foil game badge – 10 points

Les cartes Summer Adventure, comme dit dans mon précédent post sur le sujet s’obtiennent en achetant des jeux (par tranche de +/- 10$; j’ai fait un achat de 6.69€, j’aurais du ne pas avoir de cartes à quelques centimes près, je l’ai eue), mais aussi en votant (une fois toutes les 7h) pour une série de 4 jeux. Dans le format précédent, on choisissait un jeu parmi 2 ou 4, là, ces jeux sont réunis par style et on choisit un style parmi 2 (Horreur – atmosphérique vs stratégie – multijoueurs, par exemple). Les cartes « Foil » sont ces cartes aux bords argentés/dorés qu’on trouve dans tous les jeux de cartes à collectionner. Vous savez, elles sont identiques aux autres, mais ultra rares. Il y a donc à la fois un badge « normal » et un badge « Foil ».

A noter qu’ils n’ont pas été vaches au point d’autoriser la destruction d’une carte « Foil » en remplacement d’une carte normale pour obtenir un badge normal.

Donc:

– Acheter de nouveaux jeux rapporte potentiellement plus de points que de jouer à ceux qu’on possède pendant cette période (10 fois plus de points)

– Il vaut mieux acheter des jeux avec cartes steam, que sans.

A noter que là, j’ai 25 jeux mis en avant dans le magasin, 14 comportant des cartes steam. Soit 56%. Je rappelle que 18% du catalogue en contient.

Les règles vont plus loin:

30 members of that team who contributed points that day will win the top 3 games off their Wishlist.

Anyone who contributed points to that win will get 2 bonus Summer Sale trading cards. Everyone else who contributed points that day will get 1 bonus card.

Je vous le traduis?

– 30 membres de l’équipe gagnante ayant contribué ce jour là gagneront les 3 jeux qu’ils désirent le plus dans leur liste de souhait ==> Si vous avez contribué le jour d’avant et pas aujourd’hui, dommage ! Plus précisément, si vous avez créé un badge le jour d’avant et pas aujourd’hui, dommage

– Tous ceux ayant contribué à la victoire gagneront 2 cartes Summer Sale bonus. Tous ceux qui auront contribué ce jour là gagneront une carte bonus. ==> Pas de freeloading. Si vous voulez gagner quelque chose, il faut participer, chaque jour. Participer, c’est à dire créer un badge.

Est ce que ça marche?

Résultat du premier jour: Day 1

Oui, ça marche. On a un total de 2 069 740 points obtenus le premier jour. Jour 2:

Day 2

On notera que l’équipe rouge, dernière en jour 1, est première. 2 152 598 points. Jour 3:

Day 3

Equipe verte. Avant-dernière le jour précédent. Loin devant. 2 074 651 points. Et là, que les 4 autres soient dans un mouchoir de poche m’a fait tiqué. J’ai regardé de plus près, le nombre de points gagnés par mon équipe (Bleue) au fil de la journée:

Points Bleu

Chaque barre représente un incrément de 10 minutes. On voit que logiquement, le plus de points gagnés sont en début de journée. Mais c’est quoi les barres en dessous? Celles qui deviennent plus longues au fur et à mesure de la journée? J’en ai mise une en surbrillance sur l’image, avec le texte « 4:20 am – 2 000 points stolen ».

Stolen. Volés?!

Petite recherche google m’amenant sur ce forum (l’Escapist, bon site sur les jeux, avec entre autres, Zero punctuation). Passons sur le côté « j’me plains » (je suis un connaisseur), l’information que j’avais ratée est: Chaque badge Steam Summer Sale 2014 crafté donne une chance de recevoir un Team Token.

Deux types de token:

– Un qui permet de changer d’équipe (vers une couleur particulière, donc 5 types différents)

– Un qui permet de modifier les points de son équipe (500/1000 ou vol de 100/500/1000 points à une autre équipe).

Sur le marché, les premiers démarrent à 6€. Ceux pour aller dans l’équipe violette ont eu une pointe à 35€ surement juste avant leur victoire.

35€. Pour avoir une chance d’être parmi les 30 à avoir 3 jeux gratuits?!

Le token « Vol de 1000 points » a été acheté 148 fois, entre 4.24€ et 36.79€. Les prix démarrent à 15€ actuellement. Sur la première heure de cette nouvelle journée, l’équipe verte s’est vu voler 49 800 points. Elle en a actuellement 50 597. Près de la moitié de ses points ont été volés ! Il est possible (et c’est très fort) de suivre le nombre de points de chaque équipe à mesure qu’il varie. Comme de suivre une course de chevaux.

Bref. Veuillez m’excuser ces quelques paragraphes de commentaires à chaud.

POURQUOI CA M’IMPRESSIONNE

Pour résumer, ce que Valve a mis en place est une impressionnante machine à faire vivre son marché. Les cartes Steam Summer Sales, comme on peut s’y attendre, se vendent comme des petits pains. Les 2 que je possède ont été vendues chacune plus de 80 000 fois dans les dernières 24h. Au début vers 0.4€, actuellement vers 0.2€. Jusque là, rien d’anormal.

Mais, comme crafter les autres badges rapporte aussi des points, les cartes des autres jeux voient leur activité décuplée (et j’utilise ce mot dans son sens originel « multiplié par 10″). J’ai regardé sur plusieurs jeux, des cartes qui s’échangeaient régulièrement une vingtaine de fois par heure s’échangent 200 fois par heure depuis le début des soldes. Rappelons que Valve prélève 15% de chaque vente, et que ses ventes ne permettent d’acheter que des jeux sur leur plate-forme.

Le système fonctionne sur plusieurs aspects profondément ancrés dans la psyché humaine. Tout d’abord, sur l’espoir de gagner. C’est ce qui rend les jeux de hasard addictifs pour certaines personnes (casino, slots, etc). Qui fait que les gens dépensent leur pièces d’or chez le Joueur de Diablo 2, qui fournit en échange une pièce d’équipement aléatoire, qui peut aller du légendaire au déchet. Toujours dans Diablo 3, qui fait que les objets non identifiés se vendaient pour bien plus que les objets identifiés. Pour le côté « peut-être que je vais avoir de la chance ». Cet article parle en partie de cet effet là (les parties 1 et 2 sont intéressantes à leur manière aussi).

Ensuite, sur la collectionnite aiguë de certaines personnes, qui sont prêtes à dépenser des sommes astronomiques pour ce qu’ils apprécient (on trouve dans cette catégorie les Whales, ces joueurs de jeux « Gratuits avec Achats Internes au Jeu » qui dépensent des sommes à 4 zéros derrière.

Le côté un peu dérangeant (comme on peut lire ici la réaction d’un développeur de They Bleed Pixels), c’est que les gens sont au final bien plus prêt à payer cher des objets issus d’un jeu, n’apportant qu’un petit élément cosmétique, ou la sensation (temporaire) d’avoir gagné sur quelqu’un, plutôt que le jeu initial lui-même. Beaucoup de jeux doivent être achetés en ce moment-même, soyons honnêtes, et les commentaires de l’article que je viens de lier m’apprennent (et ça me rassure) que les développeurs touchent eux-aussi une (touuuuute petite) partie de la vente des cartes. Mais au final, une partie de ces jeux sont  plus achetés pour les cartes qu’ils rapportent que pour le jeu, voir pour les cartes Steam Sale qu’ils rapportent, puisque plus de 35% des jeux possédés par des utilisateurs de Steam ne sont jamais lancés, ne serait ce qu’une fois.

Dans tous les cas, j’aimerai que le(s) Psychologue(s) embauché(s) par Valve (article vieux de 3 ans, mais la page « Emploi » de Valve liste toujours le poste) nous ponde quelques articles sur la psychologie humaine. Je suis sur qu’ils ont des éléments très intéressants sur le sujet.

(pour finir, un dernier lien, sur le thème « Il y a trop de jeux actuellement« )


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4 mois. J’espérais avoir tenu 6 mois, mais les calculs disent 4. Résisté à quoi, demandez-vous? A acheter des jeux vidéo. Particulièrement sur Steam. Parce qu’au bout d’un moment, 140 jeux, c’est pas mal. Ma résolution 2014 (prise en Novembre 2013, juste après l’achat de Saint’s Row IV) était donc « je n’achète plus rien tant que je n’ai pas réduit mon backlog de moitié » (NDLA: un backlog représentant ici les jeux possédés et non finis, voire même non joués). Certains l’appellent le stack of shame.

Ce qui demandait déjà de savoir en quoi consistait ce backlog. Pendant quelques jours, j’ai donc fait un tableau excel avec mes jeux steam, si j’y avais joué

La bonne nouvelle, c’est que j’avais joué à 80% de ces jeux (le graphique suivant est l’actuel; pour une fois, j’ai pas versionné).

Jeux joués

 

Question suivante: si je les avais finis (avec la date à laquelle je les avais fini si accessible; genre, avec un achievement correspondant).

Rien que ça m’a appris des choses: déjà qu’il y a des jeux qui ne se finissent pas. Peut-on dire qu’on a fini Civilization V, par exemple, où chaque partie est unique, et où une partie finie est loin de vouloir dire « j’ai tout vu du jeu »? Pour moi, non. J’ai considéré finissable les jeux avec un nombre de niveaux fini, ou avec une histoire à suivre.

Exemple de non-finissable pour moi:

Team Fortress 2

Civ V

Audiosurf

Warframe

Exemple de finissable:

Half Life (que je conseille)

Burnout Paradise

Portal (que je conseille)

Sleeping Dogs (que je conseille)

Et puis j’ai craqué et considéré certains fini parce que bon voilà, quoi, au bout d’un moment, stop:

Left 4 Dead

Dungeon Defenders (171 heures…)

Fini? 25% peut-être. Et certains traînaient depuis longtemps. Genre Saint’s Row 2, acheté en 2010. ou, honte à moi, Deus Ex: Human Revolution, acheté en 2012 (et je suis trèèèès content d’y avoir joué, maintenant). Bref, j’avançais bien dans ce backlog.

Jeux finis

Et là, Steam m’a balancé une clé à molettes dans les rouages.

Un coupon.

-75% sur Skulls of the Shogun. Qui était dans ma wishlist. J’ai voulu filer le coupon à quelqu’un, histoire d’avoir bonne conscience, et le-dit coupon marchait sur un pack de 4 exemplaires. Donc je l’ai acheté. Et là j’ai découvert que Steam m’obligeait à garder un des 4. Oui, ma vie est trop dure. Et le jeu est bien en plus.

Mais du coup, je me suis posé de nouvelles questions: Est ce que j’achetais souvent des jeux en soldes? Mon instinct me disait « carrément, oui ». Mais à quel point?

Je suis retourné mettre à jour mon tableau. Steam permet de retrouver les achats qu’on a pu faire (Mais pas les cadeaux qu’on a reçu; si celui/ceux qui m’ont envoyé Borderlands 2, Portal 2, Left 4 Dead, Left 4 Dead 2 pouvait me dire quand ils me les ont envoyés, ce serait super). Il ne donne pas le prix de base, et dans le cas de plusieurs achats fait en même temps, ne dit pas combien chaque objet coûtait. J’ai divisé également entre chaque jeux dans ce cas. De la même manière, je n’ai pas le prix d’origine de ces jeux, sauf si je sais l’avoir pris direct (genre Civ V), uniquement, au mieux, le prix 2014 (et ça, je dois encore finir la mise à jour du tableau sur le sujet).

Bon, déjà, je suis régulier dans mes achats:

Jeux achetes

Un peu plus de 2 jeux par mois.

Depense

De même, assez régulier en termes de dépense totale: 3 années vers 120 €. Si on ramène en prix moyen, on est vers 5€ par jeu. C’est bas. Même si je suis un adepte des jeux indés (dit Toune Games dans le groupe), ça reste bas. Vérifions ça par tranche (j’enlève les cadeaux, beta, et F2P).

Tranche de prix

Confirmé. plus de 70% m’ont coûté moins de 5€. Moins de 10% m’ont coûté plus de 20 €.

Encore une étape de récupération de données: le prix actuel. Malheureusement, je ne peux pas facilement récupérer le prix normal auquel était le jeu à l’époque où je l’ai acheté. Mais le prix 2014 ne peut être qu’égal ou plus bas. Ça donnera un niveau minimum de rabais. « Outlier » signifie que le prix actuel est supérieur au prix auquel je l’ai payé.

NiveauMinReduc

Plus de 75% des jeux que j’ai acheté l’ont été avec un rabais d’au moins 50%. Et là, j’ai l’impression de faire face à un problème pour le marché des jeux vidéos. Côté personnel, c’est génial, je ne paye pratiquement rien pour mes jeux. J’ai déjà une longue liste de jeux à finir, donc si un nouveau jeu sort qui m’intéresse, je le note dans un coin (ex: ma wishlist steam). 2 possibilités: soit j’attends des soldes pour l’avoir à au moins 50%, soit au final, je ne vais pas l’acheter, parce qu’il ne m’intéressait pas tant que ça.

L’achat impulsif du jeu immédiatement est contrebalancé par la conscience d’avoir déjà de nombreux jeux.

L’achat impulsif du jeu immédiatement est contrebalancé par la conscience que tôt ou tard, il y aura un gros -80% à coté du prix.

L’achat impulsif du jeu immédiatement est contrebalancé par la conscience qu’il n’y aura pas de pénurie du jeu. Sans support matériel, il restera disponible tant que la plateforme existera, ou que le jeu n’en aura pas été viré (ce qui arrive rarement; et s’il s’en fait virer, je serai content de ne pas l’avoir acheté)

 

En échange, pour le même prix, j’achète beaucoup plus de jeux, certes. Donc mon argent finit dans la poche de plus de personnes. Mais chacune en a beaucoup moins.

Est ce que vous pensez que ce modèle peut tenir encore longtemps, vous?

 

Il y a quelques mois, Valve a introduit des cartes à collectionner sur sa plate-forme STEAM.

Toutes les explications sont , mais en voici le résumé succinct:

– Vous pouvez gagner des cartes.

– Vous pouvez utiliser ces carte pour créer des badges à mettre sur votre profil.

– Le fait de créer un badge vous donne aussi un fond d’écran à mettre sur votre profil et un smiley à utiliser en chat.

– Ça fait augmenter votre niveau steam.

Quelle est l’utilité? A priori, rien. Ou en gros, Steam a fait le bonheur des collectionneurs. En fait, c’est plus sioux.

Il y a 2, non, 3 manières de gagner des cartes:

– En achetant un jeu et en y jouant, ce qui fait gagner des cartes du jeu

– En achetant des jeux lors de soldes, ce qui fait gagner des cartes de l’opération soldes

– En créant un badge, ce qui vous redonne une carte correspondante.

Cette 3e manière, je l’ai découverte en créant mon premier badge. Car, oui, j’ai un peu testé tout ça (et si vous ne voulez pas de vos cartes, je suis toujours preneur :) ) et à plusieurs moments, je me suis dit « Ah ouais, c’est fort ce qu’ils ont fait! ». Mais reprenons par le début, parce qu’en fait, la description succincte ci-dessus nécessite un peu plus de détails.

1) On gagne des cartes en jouant ou en achetant.

Chaque jeu ou événement a un certain nombre de cartes associées (entre 5 et 15 dans ceux que je possède, la majorité étant vers 6-8). On gagne des cartes de jeu en jouant (ou en laissant tourner le jeu pendant qu’on fait autre chose), on gagne des cartes d’événement en achetant (par tranche de 10 euros d’achat la dernière fois). Ah, oui, et pour les jeux « Free 2 Play » (ces jeux gratuits avec achats possibles à l’intérieur), même système que pour les soldes: plus vous dépensez, plus vous gagnez de cartes (une par tranche de 8€, je crois).

Toutefois, parce que ce serait trop facile sinon, le nombre de cartes qu’il est possible de gagner en jouant est limité. En gros, on peut gagner la moitié du nombre de cartes nécessaires au badge, arrondi à l’inférieur ou au supérieur suivant le jeu. Vous aurez remarqué que j’ai mis « la moitié du nombre de cartes », et que nombre est en italique. Parce que, comme à l’époque des Paninis (enfin, je dis l’époque, visiblement, ça marche toujours autant), ces cartes vous sont données aléatoirement et vous pouvez très bien, sur les 4 cartes que vous avez récupérées, en avoir 3 en double.

Comment s’en sortir alors, vous entends-je me demander d’un ton déchirant?

3 possibilités:

– Vous pouvez faire des échanges

– Vous pouvez espérer

– Vous pouvez en acheter

2) Vous pouvez espérer gagner des cartes.

A partir du moment où vous avez gagnées toutes les cartes auxquelles vous aviez droit, vous êtes éligibles à un booster pack. Un booster pack, c’est un paquet de cartes aléatoires que vous pouvez gagner aléatoirement. Officiellement « au fur et à mesure que des gens créeront des badges, vous gagnerez des booster packs ». Officieusement, comme 0.9% de la planète utilise Steam, ils peuvent envoyer des boosters pack suivant leur bon vouloir. Qui peut vérifier comment les deux sont liés.

A leur décharge, je connais au moins une personne qui en a eu un. Moi, pas encore :).

Cette option n’existait apparemment pas pendant la beta, et heureusement pour eux qu’ils l’ont mise en place. Sans même faire de mathématiques:

– l’acte de création d’un badge détruit l’ensemble des cartes nécessaires

– Au mieux, un ouvri- un utilisateur de Steam ne peut gagner que la moitié des cartes nécessaire à un badge

– les badges ont plusieurs niveaux

=> Le résultat aurait été une raréfaction rapide des cartes et seuls quelques happy-few auraient finalement eu la joie d’avoir des badges. A court terme, c’aurait surement été bon pour le marché, mais au bout d’un moment celui-ci se serait éteint. Un marché où plus d’éléments sont détruits que ne sont créés va voir la valeur des éléments échangés augmenter (stupidement au bout d’un moment) et soit mourir faute d’échange, soit mourir faute d’éléments.

Si quelqu’un maîtrise mieux ce concept économique que moi, les commentaires lui sont ouverts !

Du coup, quelqu’un qui n’aurait plus de cartes peut toujours avoir l’espoir d’une génération spontanée. Les booster packs ont un autre effet, mais j’y reviendrai.

3) Vous pouvez échanger des cartes.

Steam offre depuis un certain temps un système d’échange qu’il m’est arrivé d’utiliser lorsque je jouais à Team Fortress 2. Facile à utiliser avec ses amis (clique sur la petite flèche à droite du nom, « Inviter à échanger »), avec d’autres utilisateurs, je ne sais pas. Je ne trouve pas comment ça marche. J’imagine qu’on le rajoute en ami, on fait son échange et au-revoir-merci-beaucoup.

Il existe évidemment un groupe d’échange, Steam Trading Cards Group (où j’aperçois dans les dernières mise à jour la mise à dispo d’une URL de trade, ce qui répond partiellement à ma question). Mais évidemment, le forum associé est un peu impossible à utiliser à moins d’être extrêmement motivé.

Donc, si on n’a pas d’amis participant, et qu’on n’a pas envie de se fader le forum entier, reeeeste? La place du marché.

4) Vous pouvez acheter (et donc vendre) des cartes.

Et donc, Steam nous a gentiment orienté vers son marché (où les objets populaires sont actuellement les objets de TF2, DOTA2, et CS:GO; c’était pas le cas y a 3 mois). Les prix se sont stabilisés rapidement à moins de 20 cents la carte (largement moins pour certaines), mais au début certaines sont parties à plus de 4€ ! Actuellement, la volatilité sur chaque carte est très très faible.

Côté Achat:

Facile, vous cherchez la carte qui vous manque, Steam vous montre tous les vendeurs potentiels, par prix croissant. Attention, si vous n’êtes pas connecté, les prix sont affichés dans la monnaie du vendeur, sinon traduite dans la votre.

Côté Vente:

Actuellement, (je redécouvre les évolutions) lorsque vous mettez une carte en vente, Steam vous donne le prix médian (rappel: 50% des ventes étaient au dessus de ce prix, 50% en dessous) de la carte, heure par heure, sur la dernière semaine. Et vous entrez le prix que vous voulez recevoir, et Steam calcule automatiquement le prix auquel vous devez le mettre. Ça évite la déconvenue quand on s’est dit qu’on allait gagner 100€ et qu’on en reçoit que 97. A noter que Steam prélève 15% du prix, arrondi au très supérieur (si vous gagnez 10 cents, l’acheteur a payé 12. Si vous gagnez 2 cents, l’acheteur a payé 4)

Vente Steam

Pour les jeux connus,sur chaque carte observée, une bonne dizaine de ventes avaient eu lieu chaque heure. Pour d’autres moins connu (ex: foul play), une dizaine de ventes par jour pour chaque carte.

Actuellement, 5297 cartes sont en vente sur la place du marché. En supposant un gain de 0.03 cents par vente (donc un prix de vente moyen de 0.2€), 10 ventes par jour par carte, 365 jours, c’est pas loin de 600k€ par an pour Steam (oui, je suis conscient que mes chiffres sont du pifometre power, c’est juste un ordre d’idée).

5) Vous pouvez acheter.

Mais que font les vendeurs de leur argent? Est ce que Steam leur envoie un chèque à la fin du mois?

Non.

Steam met cet argent dans le portefeuille Steam, ce qui permet d’acheter des jeux sur Steam, ou de payer pour des objets dans des jeux sur Steam. Il me semble même que Steam gagne un pourcentage sur ces ventes, il faudrait vérifier…

A bien des niveaux, c’est donc une opération complètement gagnante pour Steam.

Actuellement, 364 jeux contiennent des cartes sur 2307 proposés par Steam. Soit plus de 15% du catalogue.

Et encore, je n’ai pas parlé des cartes rares. Des boosters packs mis en vente sur le marché. Des Niveaux steam…

 

Je sors à l’instant d’une séance du film Hannah Arendt. Pour rappel et en résumé (je ne peux décemment pas parler de spoilers pour un film relatant un événement de notre passé), cette philosophe allemande (et juive) a suivi le procès Eichmann à Jérusalem, et défrayé la chronique en ne le présentant pas comme un monstre, mais un homme dépourvu d’imagination, qui se contentait d’obéir aux ordres sans prendre de recul et réfléchir aux conséquences de ses actes, à la vue d’ensemble de ce qui arrivait, etc. Elle s’était de plus attirée les foudres de la communauté juive et d’un certain nombre d’intellectuels en signalant que des chefs de communauté juive avaient collaboré, et que le nombre de vies humaines perdues aurait été moindre en leur absence.

De cet événement, le professeur Arendt en a tiré sa théorie de la banalité du mal (lire ici un article intéressant sur le sujet) disant de ce que j’en ai compris que le Mal le pire arrive non pas à cause de gens qui seraient des monstres, ou l’incarnation du démon, mais à cause de gens qui laissent faire les choses et ne s’y opposent pas. Qui obéissent aux ordres tout simplement (même si, opinion personnelle, il faut bien quelques monstres en haut de la chaîne de commandement pour lancer les ordres qui seront suivis derrière). Ajoutons à ça l’idée qu’en faisant accepter à une population qu’ils sont insignifiants, qu’ils n’ont pas d’importance, de raison d’être, il est plus facile de les manipuler d’un côté, et de l’autre, on peut les éliminer la conscience tranquille.

Et là vous allez me dire « Oui, mais qu’est ce que ça a à voir avec les jeux, thème principal de ce blog? ». Excellente question, merci de l’avoir posée. Tout simplement, ce film m’a rappelé un jeu dont j’avais entendu parler, Trains, de Brenda Brathwaite. Brenda est une Game designer dont j’ai dévoré les livres de design et qui s’intéresse énormément à la question « peut-on faire ressentir des émotions et aborder des notions d’éthique par les jeux ». Le jeu (et je vais donc en spoiler la fin) consiste à emmener des petits pions d’un bout à l’autre de la carte le plus rapidement possible (plus vite que les voisins). Un jeu d’optimisation pure, entre autres par le fait que les pions ne rentrent pas facilement dans les trains, et que plus on force, plus on en fait rentrer, moins on a de voyages à faire, et plus il sera facile de finir avant les autres.

Une fois qu’un joueur est arrivé au bout, la destination est révélée: Auschwitz.

La première fois que j’ai entendu parler de ce jeu (un certain nombre d’articles en parlent, dont le Wall Street Journal), je n’ai pas compris quel en était le but. Je voyais là des gens bouleversés, des gens qui refusaient d’y rejouer, mais je ne comprenais pas. Le film de ce soir m’y a aidé.

– Le jeu demande juste d’emmener des pions à l’autre bout de la carte. Qui sont les pions n’a pas d’importance (ils sont donc insignifiants, quelque part)

– Les joueurs obéissent donc aux consignes. Sans réfléchir aux conséquences, ni au plan d’ensemble

– Non seulement les joueurs obéissent, mais ils arrivent à leur but de la manière la plus efficace possible, en optimisant remplissage, déplacement, sacrifices, etc…

La grosse différence avec Eichmann ci-dessus, et je pense qu’elle est importante, c’est que quand ils apprennent les conséquences (virtuelles) de leurs actes, ils sont touchés et reconnaissent leurs fautes. Ils n’en ont pas moins basculé, pendant un temps, dans ce qu’ils auraient considérés comme le Mal s’ils avaient eu tous les éléments depuis le début.

J’en déduis qu’il y a plusieurs degrés de Mal. Mais ça, c’est quelque chose dont je pourrais parler pendant des heures…

Qui a dit que les jeux ne servaient qu’à se vider la tête?

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